Se questionner sur les mesures antiterroristes canadiennes
15 novembre 2007 - 23:25 --- Catégorie : Sécurité
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social |
Contre-terrorisme
Bien entendu, les défenseurs des droits et libertés individuelles se présentent comme les principaux détracteurs des mesures antiterroristes. Selon eux, ces mesures nuisent aux citoyens et bafouent les libertés civiles en faisant de tout individu un coupable potentiel. Mais, au delà de ces arguments – tout à fait louables et légitimes – la question trop souvent occultée qui devrait pourtant être posée est : ce type de mesures sont-elles efficace pour contrer le terrorisme?
La réponse ne va pas de soi. Au Canada, le terrorisme est plus que marginal. En fait, depuis 1993, il ne s’est produit au Canada qu’un seul incident pouvant être qualifié de « terroriste », soit l’attaque perpétrée sur l’école juive Talmud Torah Unis de Saint-Laurent par la « Brigade du Cheik ». Avec un nombre si peu élevé d’incidents, il est quasi impossible de tirer des conclusions évidentes sur les tendances et les effets des mesures contreterroristes et antiterroristes. En clair, les statistiques ne nous révèlent que bien peu de choses. Cela ne signifie pas que le terrorisme est un phénomène inexistant au Canada, mais que le Canada n’est pas une cible terroriste de prédilection.
Si nous jetons ensuite un coup d’œil aux statistiques internationales, nous devons nous rendre à l’évidence que le terrorisme international – terrorisme du type 11 septembre – est non seulement moins important que durant les années 1980, mais en baisse pour 2006. Les zones « chaudes » pour les actes terroristes se trouvent essentiellement en Irak et en Afghanistan. Ces attentats sont de type national et peuvent facilement être liés à des activités de guérillas.
Notons également le fait que le terrorisme contemporain n’est plus l’apanage exclusif des réseaux professionnels ultra-organisés. Le terrorisme est désormais l’œuvre d’amateurs motivés. Ce sont des individus complètement intégrés aux sociétés qui adhèrent aux valeurs sociales, fonctionnent normalement dans le cadre social, mais finissent par glisser vers des visions du monde extrémistes et violentes. Dans ce contexte, comment des mesures comme celles présentes dans la loi antiterroriste, ou encore celles liées à l’attribution des certificats de sécurité, peuvent-elles empêcher la perpétration d’attentats terroristes?
Nous sommes donc devant une situation où une population entière se voit imposer des mesures contraignantes pour faire face à une menace qui est difficilement saisissable et mesurable. Qui plus est, ces mesures sont, de prime abord, mal adaptées à la réalité du terrorisme contemporain. Or, si les débats entourant les droits et libertés sont fondamentaux quand vient le temps de parler de mesures antiterroristes, les discussions sur l’état réel de l’efficacité de ces mesures sont trop souvent repoussées du revers de la main. Un regard rapide sur la réalité du terrorisme d’aujourd’hui nous montre l’incohérence entre la réalité et la réponse sécuritaire.